C’est fini

Les relations au pluriel, c’est terminé. Cela fait quelques mois déjà que je me pose des questions. Depuis une ou plusieurs discussions avec l’un d’entre eux. Je me souviens d’une nuit blanche passée à me torturer l’esprit pour savoir ce que je voulais vraiment. Qu’est-ce que ces relations sans lendemain m’apportent réellement ? Alors oui, cela m’a aidé à me sentir attirante, à garder un contacte physique avec une autre personne. Mais depuis quelques semaines je n’en ai plus envie. Je ne pense plus qu’à une personne. A côté, les autres semblent être de simples coquilles vides, des personnes interchangeables qui m’aident à l’oublier l’espace de quelques heures.

Depuis quelques mois, semaines, je pense à lui matin et soir. Je me retiens de lui envoyer des messages. Quand je craque, je me sens stupide, immature. J’ai l’impression d’être cette jeune adolescente qui a un crush sur le mec de sa classe et essaye de la jouer cool à chaque fois qu’il s’adresse à elle.

Mais je ne suis plus au lycée. J’ai bientôt 30 ans.

Je ne l’idéalise pas. Je connais ses défauts, je sais ce qui me fatigue chez lui, ce que je ne supporte pas. Je sais aussi que l’on ne serait jamais heureux ensemble, nous sommes trop différents. Et pourtant, je n’arrive pas à me le sortir de la tête.

Pas d’autres solutions du coup. Je mets ses messages en sourdine et m’obliger à ne pas lui répondre et lui envoyer de messages avant le mois de septembre. Ma démarche peut sembler stupide mais comment peut-on juger quand on n’a aucune idée de qui est cette personne et de ce qu’elle représente pour moi ?

Il est la troisième personne pour laquelle j’ai une aussi grande certitude, il sera acteur dans ma vie. Dès nos premiers échanges, je l’ai su. Une intuition sortie de nulle part qui me dévorait l’estomac. Beaucoup de choses se sont passées depuis notre rencontre, un voyage, un tournage, des échanges de messages douloureux dont celui où il m’annonçait qu’il fréquentait quelqu’un et que nous ne pourrions plus partir à l’aventure ensemble.

L’amitié. C’était le fin mot de cette histoire et je m’y suis résignée. Lorsque nous nous sommes revu après cela, j’ai tout fait pour être la femme mature, qui a tourné la page. Nous parlions et rigolions sans que personne autour se doute qu’il y avait eu plus entre nous. Parfois il y faisait allusion sur le ton de la rigolade, j’esquivais de manière sèche pour qu’il ne comprenne pas que ces souvenirs me brulaient de l’intérieur. J’essayais de ne pas faire attention à ses gestes tendres à mon égard, nos doigts qui s’entrelaçaient quand personne ne regardait. Je me disais qu’il avait juste envie de rester proche de moi, de ce que l’on avait, sans outrepasser la limite qu’il avait établi.

Et puis, après cela, il me propose un projet sur Paris. Il me dit que ça lui ferait plaisir que je le fasse. Il m’invite à dormir chez lui le temps du projet. J’accepte le projet mais je lui dis que je n’ai pas besoin de me faire héberger. Heureusement, j’ai encore des amis en ville. Je sais qu’en étant chez lui je serai frustrée s’il ne se passe rien et je regretterai s’il se passe quelque chose.

Le séjour parisien arrive. Le projet capote à cause du covid mais il est trop tard pour annuler les billets. Donc j’y vais et il m’invite à boire un verre en ville. Il vient me chercher à la sortie de métro Jaurès. Il m’attend juste devant la sortie, sur son scooter et me tend un casque. A peine le temps de demander si ça va, je monte et il démarre. L’accélération m’envoie une bouffée d’air parfumé. Son parfum. Je lui tiens la taille et je regarde les rues parisiennes défiler. Encore une fois, je me pince intérieurement devant la chance que j’ai de l’avoir rencontré et d’être la personne assise derrière lui à cet instant. Il m’emmène dans ses bureaux et on monte sur le toit normalement interdit d’accès. On a une vue panoramique sur Paris et j’ai l’impression qu’il sort sa carte de romantique. J’essaye de pousser cette pensée de côté. Il n’a jamais rien fait comme tout le monde de toute manière. On parle de nos dernières actus, de nos projets. Ah et je me rappelle que j’avais prévu un petit cadeau pour son anniversaire. Je lui tends la boite d’emballage et il la regarde avant de me dire : « merci pour cette magnifique boite ! j’adore ! » On explose de rire.

Arrive l’heure de partir, il me propose de me conduire jusqu’à un arrêt de tram pour que je rentre chez la personne qui m’héberge. Il me demande alors où j’en suis dans mes relations polyamoureuses et je lui dis que c’est terminé. Cela fait quelques mois que je ne vois plus personne. Je lui retourne la question et il me dit qu’il y a des hauts et des bas mais que ça va. Il a une relation à distance. ça a ses bons comme ses mauvais côtés.

Sur le scooter, il me dit qu’il a encore une heure à tuer chez lui et qu’on peut y aller pour se poser. J’accepte, heureuse de pouvoir profiter encore un peu de sa présence. Arrivé chez lui, on se pose sur son canapé et la discussion s’axe sur le sujet du destin. Les choses sont d’une certaine manière écrite mais que plusieurs options sont à notre porté. Celles qui nous aideront à évoluer, à avancer et celles qui ne feront que poursuivre notre petit train-train. C’est à chacun de choisir l’histoire qu’il veut suivre. Notre discussion devient de plus en plus intime et je sens que mon petit cœur d’hypersensible s’emballe un peu trop. Il sent que quelque chose ne va pas et il me prend dans ses bras. Il me serre fort contre lui. Je ne pourrais pas décrire ces étreintes. Elles sont magiques. Quand mon cœur se calme enfin, on reprend la discussion. J’ai alors un pas de recul et je me demande comment j’ai pu trouver quelqu’un d’aussi empathique. La discussion se termine et le silence s’installe. Il me tend sa main et j’hésite avant de lui donner la mienne. On se regarde et il m’attire vers lui pour me serrer à nouveau fort contre lui. On est alors allongé sur le canapé. J’ai ma tête sur sa poitrine et on se serre mutuellement fort l’un contre l’autre. Il n’y a rien d’érotique. Il y a comme un besoin mutuel de se montrer que l’on tient l’un à l’autre. Mais après quelques minutes je sens son visage s’approcher du mien et il se penche pour m’embrasser. Je le repousse doucement. Une fois, puis deux. Mon cœur me crie d’accepter ce baiser volé et ma tête m’en interdit. Je refuse de le laisser m’embrasser après qu’il ait lui-même mis une fin à tout cela et m’ait parlé quelques dizaines de minutes de sa relation. Il s’est excusé en voyant à quel point son geste m’avait perturbé. J’ai alors planté mes yeux dans les siens et je lui ai dit « la prochaine fois que tu veux m’embrasser je veux que ce soit pour les bonnes raisons ». Il me répondit « pourquoi ? tu penses que là ce n’est pas pour les bonnes raisons ? ». Ma réponse fut directe et sèche « Oui ».

Il ne répondit pas et me resserra fort contre lui. Une part de moi me poussait à revenir en arrière et l’embrasser tout de même. Je rompis alors l’étreinte et je lui dis que c’était l’heure de partir. J’en avais mal au ventre. Mal de ne pas agir sur mes désirs.

Avec du recul je suis heureuse de ne pas avoir cédé. De ne pas avoir compliqué les choses. D’avoir respecté une inconnue quelque part dans le monde, qui tient à lui surement bien plus que moi.

La chanson Nelly de Pomme tourne en boucle dans ma tête alors que j’écris ces mots. Elle raisonne tellement en moi depuis que je pense à lui. Bref, tout ça pour dire que les histoires plurielles sont terminées et l’histoire avec lui aussi. Enfin je crois.

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