Vivre au présent

L’été est là et je savoure chaque minute de soleil. La saison des mariages reprend. Je suis heureuse de pouvoir me remettre à la photographie. Cela m’aide énormément. Je n’ai jamais mieux compris qu’aujourd’hui l’intérêt de l’art pour les personnes souffrantes. En plus de la photographie, je me suis remise sérieusement à la guitare. J’en fais tous les jours même si ce n’est que quelques minutes. Cela devient comme un petit rituel, une petite pose dans ma journée de travail. Parfois les quelques minutes se transforment en heures et je me rends compte au bout de la session que le bout de mes doigts est en feu. Une fine couche de peau a commencé à apparaître. J’aime voir ce changement, ce corps qui me fait tant souffrir s’adapte tout de même pour m’aider à faire ce que j’aime tant.

J’ai eu une aventure avec quelqu’un. C’était court, doux, une sorte de petit aparté dans mon quotidien. Il m’a aidé à passer une mauvaise phase. Mais maintenant il est temps pour lui de trouver quelqu’un de plus disponible et à moi de me concentrer sur mes projets. Je l’ai réalisé ce week-end passé seule. Je me suis recentrée sur mes projets, mes objectifs et j’ai retrouvé une certaine paix en moi. Je me rends compte que je ne me sens pas seule, j’ai juste peur parfois d’affronter ce que je suis. Et ce n’est pas grave. ça arrive de ne plus avoir envie ou la force de se regarder en face. Cela arrive à tout le monde de baisser les bras et d’avoir besoin de quelqu’un pour te soutenir un moment. Mais il ne faut jamais que cela devienne une habitude. Il faut apprendre à se battre pour soi, se lever le matin avec satisfaction devant ce que l’on est.

Je me rends compte aujourd’hui que je ne me suis jamais autant appréciée. J’aime mon corps, mes formes mais aussi mon caractère tenace, mon courage, mon empathie, mon imagination et ma perpétuelle envie d’apprendre. J’aime la personne que je suis devenue. Si je dois mourir demain, volontairement ou involontairement je suis heureuse de là où je suis arrivée. Heureuse de mon chemin, heureuse des gens qui m’entourent et me montre jour après jour à quel point je suis quelqu’un de chouette. Alors ces derniers temps, je vis, envers et contre tout, je vis au présent.

Dans deux semaines je le revois. J’ai dû mal à y croire. Bien entendu j’ai essayé d’imaginer ce que cela me ferait de croiser à nouveau son regard, d’être à nouveau en contact avec lui, dans la même pièce, entendre sa voix, ses expressions qui était il y a moins d’un an, si familière. Etre à nouveau proche et si loin de lui à la fois. J’ai peur de m’effondrer, de ne pas contenir mes émotions, de ne pas arriver à rester professionnel et de tout rater. Mais j’essaye de me rassurer en me disant que j’ai avancé depuis. Je ne suis plus la même personne que celle qui lui envoyait des messages désespérés en janvier dernier. J’ai réussi à survivre sans nouvelles de lui. J’ai réussi à ne plus penser à lui pendant une ou deux journées. Je suis sur la bonne voie. Petit à petit il est entré dans la partie de mon passé. Des souvenirs peu à peu brumeux. Je pense que j’ai surtout peur que le revoir réveille tout cela. Rende tous ces souvenirs plus tangibles à nouveau. Il va falloir être forte et penser à ce qui m’attend après ce week-end là-bas. Revoir Clément, Pauline, Caroline. Ces amis qui comptent tellement.

J’ai hâte de les revoir, passer du temps avec eux, les prendre en photo et ramener tous ces beaux souvenir avec moi à Bordeaux.

Je viens de me rendre compte que c’était les premières vacances en solitaire que je faisais depuis très longtemps. Partir seule, passer du temps à apprécier chaque instants, m’arrêter dans un café pour prendre un repas à emporter et le déguster au soleil dans un petit jardin. Apprécier le vent dans les feuillages, le bruissement du ruisseau, le chant des oiseaux et le soleil au dessus de moi qui me réchauffe la peau. Je ne me sens pas seule. Je suis heureuse d’être là à cet instant T. Il y a une envie de partage avec moi-même. Me raconter et me décrire cet instant de plaisir comme si j’étais avec une amie. Et je suis une amie. Je suis la meilleure amie que je pourrais jamais souhaiter. Je serai là à chaque instant. Tout au long de ce chemin de vie et j’en suis très heureuse.

Je l’ai croisé au mariage hier. Cela fait plus de sept mois que l’on ne s’était pas vu. On s’est dit bonjour et on a échangé des banalités. J’étais sereine et je n’ai ressenti aucune tristesse. C’était comme revoir une connaissance sans savoir vraiment d’où on la connaît ou comment on a pu à un moment de nos vies être amis et amants. Peut-être parce que l’instant était étrange et que lui au contraire ne semblait pas à l’aise. Il cherchait ses mots, il avait l’air un peu perdu, dans un état second, peu sûr de lui. On m’a fait remarquer que j’avais sûrement fait plus de chemin que lui. D’où ce déséquilibre. Je sais en tout cas que j’ai fait de mon mieux pour avancer et me reconstruire sur des bases plus solides. Nous sommes des phénix. On a beau se brûler les ailes et tomber en cendre, on renaît encore plus beau et plus fort.

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