Ode à un ami

Cet article je l’écris pour un ami. Cet ami que j’ai retrouvé il y a cinq mois. Parfois, dans la nuit noire, le silence, la solitude, la douleur d’une maladie que l’on ne comprend pas sont tellement lourds à porter que j’ai envie d’en finir.

Arrêter de rêver, me battre pour cette vie où je n’arrive plus à trouver le moindre sens, le moindre plaisir. Mon corps est envahi par la douleur.

Alors dans la nuit noire, j’écris à cet ami.

C’est un peu une bouteille à la mer que je lance. Il vit à l’autre bout du pays et ne regarde pas toujours sa messagerie. Mais quand les étoiles sont alignées, il répond. Il me dit « viens, on va papoter ».

Je sens à chaque fois ma poitrine se gonfler de soulagement.

Je sais que je vais passer un bon moment.

C’est la personne qui trouve les mots pour me faire rire.

C’est un orateur. Il n’est pas du genre à monopoliser la parole et s’écouter parler. Quand il parle, il prend le temps de t’inclure dans la conversation, te demander ton avis, si tu comprends, si tu suis. Il est pédagogue. Il a ce ton parfois très paternaliste qui ne se prend pas au sérieux.

Il aime commencer des phrases qui n’ont aucun sens avec beaucoup de sérieux pour voir si je vais tomber dans le panneau … il attend une, deux, trois secondes avant d’éclater de rire. Un rire chaleureux qui résonne dans ma chambre à demi-éclairé. J’aime l’écouter parler. Il a une belle voix grave de jeune homme qui va sur ses 30 ans. Je connais sa voix. Je ne pourrais même pas la décrire exactement. Il n’a pas vraiment d’accent mais la façon dont il joue avec les tons, les rythmes, les mots rend son écoute toujours palpitante.

Parfois je passe un très mauvais jour et le seul fait de l’écouter me remplit de joie. J’ai l’impression de vivre à nouveau, un peu.

Il y a un partage. Il prend du temps pour tout expliquer, détailler, même quand il me parle de sa passion pour les jeux vidéos. Il veut réellement que je comprenne. Il trouve toutes les métaphores possibles pour m’expliquer les mécaniques complexes sur lesquelles il travaille.

Je pourrais l’écouter des heures. Cela m’apaise, un peu comme un livre audio, mais raconté par ton meilleur ami. Meilleur ami. Je n’aurais jamais cru pouvoir lui donner ce qualificatif. Mais oui, il fait désormais parti de mes meilleurs amis. Il en fait parti depuis le jour où je me suis rendue compte qu’il serait là pour moi, même dans les moments difficiles.

Il est entier. Il y a quelque chose chez lui de profondément empathique. Parfois j’ai peur d’en profiter. Profiter de sa gentillesse et sa générosité. Mais parfois j’espère que l’amitié que je ressens à son égard est réciproque. Qu’il prend autant de plaisir à me parler, m’écouter. J’espère que moi aussi j’arrive à le faire rire, le distraire et le soutenir.

L’amitié. Quelque chose de tellement pure, difficile à trouver et magique quand elle est là. On ne peut pas la forcer, la créer. Elle semble s’attacher aux corps et aux esprits de manière aléatoire. C’est un peu comme ces fleurs sauvages qui s’essaiment au grés du vent.

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