Créer

La fin des vacances approche. Bientôt le retour à la fac. La nuit dernière j’ai fait un cauchemar. J’ai rêvé qu’à la réunion de rentrée je me trompais d’université. J’avais cette angoisse folle d’arriver en retard. Il y avait beaucoup de couloirs. Des visages inconnus se tournaient vers moi comme si j’étais une bête curieuse. Je ne me sentais pas à l’aise. Une étrangère. Au réveil mon corps était tout tendu, j’avais le souffle court. Le rêve repassait en boucle dans ma tête et même si une part de moi comprenait d’où il venait, une autre se demandait ce qui m’attendrait lorsque mes peurs et mes angoisses seraient justifiées. La rentrée approche trop vite, trop tôt.

Mes amis me manquent. En rentrant d’un repas de famille chez les parents de Nathan je me sentis vide, la tête lourde de souvenirs. Quelque chose n’allait pas et j’aurai voulu pouvoir sortir voir quelqu’un, un ami. Une personne avec qui parler et me confier, rire, partager des histoires et des aventures. La façon dont ils me connaissent me manque, la façon dont ils me chambrent, me réconfortent et me soutiennent. J’aimerais sauter dans un train et aller boire un thé avec Marie place du Chatelet, aller au cinéma avec Pauline, retourner à la bibliothèque avec Arnaud et Clémentine, parler beaucoup, trop fort, passionnés par nos cours de cinéma, se faire expulser et se réfugier au bar au coin de la rue. Finir la soirée sur le lit de l’appartement à Caroline à écouter Fonsi et rire encore et encore.

Je continue à avancer dans mes recherches, mon mémoire. Plus je m’enfonce dans les livres, les dates et l’Histoire, plus je me demande où je vais. Paradoxalement, quelque chose prend forme. Mais l’incertitude est omniprésente et je finis régulièrement par perdre pied. Ma motivation joue aux montagnes russes.

Heureusement il y a la photographie. Récemment, peut-être à cause de tous ces cailloux que je traîne dans mes chaussures, je me suis mise à apprendre à faire de la photographie. En janvier dernier, je me suis enfin décidée à m’offrir un appareil photo hybride. Petit et léger, j’ai pu l’emmener partout où j’allais. La qualité d’image était là. Mais j’avais cet énorme pas à franchir, apprendre à l’utiliser en mode manuel. Apprendre en somme à FAIRE de la photographie. Il y a un mois je me suis décidée à sauter le pas. J’ai mis mon appareil en mode manuel en me disant que calculer la bonne exposition d’une photo ne devait pas être si compliqué. Une bonne heure a dû passer avant que je me rende à l’évidence. Il fallait que je fasse de sérieuses recherches si je voulais dompter mon appareil. Il m’a fallu du temps, de nombreux essais, et il m’en faudra surement encore beaucoup avant de maîtriser parfaitement l’ouverture, les ISO et la vitesse mais grâce à notre ami Internet et de nombreux tutoriels gratuits sur YouTube j’ai appris à faire en sorte que mes photographies soient assez clair pour y voir quelque chose.

Récemment j’ai décider de faire un pas de plus. Malgré le fait que j’ai encore beaucoup à apprendre sur l’utilisation de mon appareil, j’ai décidé de pratiquer le plus possible et de me confronter aux autres. Faire des portraits m’a toujours intéressé, capturer ces expressions du visage qui racontent toute une histoire. Alors il y a une semaine j’ai posé des annonces pour faire des portraits gratuitement. Des modèles m’ont contacté pour que je les prenne en photo. J’ai eu peur. Je me souviens de la panique qui est monté en moi lorsque j’ai marché aux côtés de Flo. La peur de ne pas être assez clair, d’être trop longue à faire mes réglages, de ne pas être assez présente pour elle alors qu’elle posait devant mon objectif. L’angoisse de n’avoir aucune photographie d’exploitable pour son compte instagram. Et puis, peu à peu, j’ai senti ce rush d’adrénaline monter, ce rush qui fait oublier la peur et donne l’envie de créer encore et encore peu importe la difficulté.

Voici le résultat de ce premier essai. J’espère que ce ne sera pas le dernier.

2 Comments

  1. Bon journal. Agréable de vous suivre dans vos pensées. Pour la photo portrait : mise au point sur l’œil puis excentrer si le cadrage le veut afin d’ouvrir la perspective, le champ de vision du sujet… ou tout à fait l’inverse peut donner un super résultat ! 😉
    Continuez, mais surtout faites de la photo de rue au smartphone. Vous aurez des photos prises sur le vif sans réfléchir au cadrage. Puis regardez ensuite sur Snapseed.
    Quelques conseils de ma propre expérience… pas forcément les meilleurs ! 😉

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